7 méthodes d’apprentissage inspirées par un génie….

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Le nombre d’années d’études ne suffit pas pour être un expert, parfois cela peut même être un désavantage. Ce n’est qu’au contact de la difficulté et de l’excellence que l’on apprend réellement, qu’on se forge l’expérience qu’on peut compléter avec le partage avec d’autres experts, des lectures ou des mentors. Il existe aussi une réalité dont personne ne veut parler, c’est une réalité qui fait peur mais c’est une réalité qui demande beaucoup de courage. Tous les gens pointus dans leur domaine passent par cette réalité. Cette qualité est propre au meilleur, au plus performant, c’est la réalité de l’expert. Cette réalité est la suivante :

 

“Devenir un expert est une démarche solitaire.”

 

Une des raisons principales pour laquelle de nombreux professionnels ne deviennent pas de vrais experts, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas une connaissance de leur métier telle qu’ils se situent largement au dessus de la masse, c’est parce que devenir un expert et une démarche solitaire. L’être humain est un animal social, il a besoin d’être entouré. D’ailleurs, si vous reprenez les besoins de la pyramide de Maslow, vous avez des besoins physiologiques, des besoins de sécurité, et en troisième position des besoins d’appartenance. Dit plus simplement, une fois que l’on a mangé et bu, avec un endroit pour dormir au chaud, on a besoin d’appartenir au groupe.

 

 

C’est à ce moment précis de la pyramide de Maslow que l’expert se différencie. Il ne veut pas appartenir au groupe auquel il devrait appartenir, mais il veut tout simplement être le meilleur, être unique, être au-dessus du lot. Ce genre de démarche fait automatiquement de lui un loup solitaire. Pour atteindre ce niveau, il devra travailler et acquérir des connaissances que personne n’a développées, de nouveaux concepts, oser ce que personne n’a fait précédemment, aller où personne n’a jamais osé aller.

 

En gros, un expert est quelqu’un qui va à contre-courant. Là où tout le monde cherche la certitude, il cherche le doute et la faille qui va détruire le paradigme. Là où tout le monde cherche la règle commune, il va chercher une façon unique de faire avec des résultats bien meilleurs que ceux de la masse. L’expert est allergique aux compromis. Dans sa tête, si tout le monde travaille d’une certaine manière, c’est que ce n’est pas suffisamment bien. Il part du principe que si tous les confrères dans un domaine donné ont la même façon de procéder, cela veut dire que le processus est par définition médiocre. Un expert ne recherche qu’une seule chose et n’accepte qu’une seule chose: l’excellence.

 

 

Toutefois, il n’est pas fou. Il sait que l’excellence est le résultat d’un travail d’essais-erreurs, de corrections. L’excellence est le fruit d’un travail, et pour atteindre ce niveau-là l’amour de sa discipline, un respect de celle-ci, est nécessaire au plus haut niveau. L’expert est au service d’une cause, d’une activité, d’un domaine plus grand que lui. Il veut apporter une contribution, une valeur ajoutée unique qui porte son empreinte et sa signature.

 

L’un des meilleurs exemples pour illustrer cette façon de penser est le joaillier hongkongais Wallace Chan.

 

Issu d’une famille pauvre, il quitte l’école afin de subvenir aux besoins de sa famille à l’âge de 13 ans. À 16 ans, il devient apprenti chez un sculpteur de figurines traditionnelles chinoises qu’il quitte 3 ans plus tard pour créer son premier atelier puis fabriquer ses premier bijoux qu’il vend au porte à porte. Il gagne sa vie, toutefois il commençe à s’ennuyer.

 

 

Comme il le dit si bien: ”je voulais être plus qu’un ouvrier (…) alors j’ai commencé à étudier l’art. Je voulais faire des choses que j’aimais, je voulais faire des bijoux qui dansaient avec les clients, des créations qui avaient une histoire, qui avaient un esprit”.

 

Wallace Chan a un regard sur son œuvre beaucoup plus profond que la plupart des bijoutiers. Quelque chose de beaucoup plus profond que la majorité des bijoutiers, il voulait créer des objets avec un esprit. Il a dû donc apprendre à travailler d’une manière très différente. Voici quelques compétences qu’il a acquises durant sa carrière.

 

 

 

Apprendre à transformer ses faiblesses en forces

Un jour, il s’est aperçu qu’il y avait une imperfection qui se reflétait sur les différentes facettes d’une pierre précieuse. À partir de ce défaut, il a créé un système d’illusion d’optique pour faire réfléchir sur toute les facettes de la pierre une gravure réalisée sur une seule face. Cette technique unique le rendra célèbre sur la scène internationale de la joaillerie.

 

Son génie est d’être capable de créer quelque chose d’extraordinaire à partir d’un défaut, une imperfection. Alors que la majorité des autres joailliers auraient vu une imperfection et une pierre qui perd de sa valeur, il a vu une opportunité d’innover.

 

 

 

Apprendre en créant des outils à la hauteur de son talent

Son imagination débordante et ses rêves étaient tellement fous que pour réaliser ses créations, il n’existait pas les outils nécessaires. Alors, pour combler ce manque, il décida tout simplement de créer des outils spéciaux pour ses créations. L’exemple typique est une petite perceuse très rapide pour tailler les pierres précieuses comme il le souhaite.

 

Il souligne clairement que lorsque l’on travaille avec les outils du passé on vit dans le passé. Il nous invite à travailler avec les outils de notre époque pour faire un travail qui reflète le niveau de notre époque, quitte à inventer de nouveau outils. Selon Wallace Chan:

 

 

“Pour œuvrer dans l’esprit de votre époque, vous êtes obligé d’utiliser les outils de votre époque pour travailler sur les structures les plus profondes de la pierre”.

 

 

 

 

Apprendre à créer le mythe autour de soi

Personne ne sait si c’est vrai ou pas, mais on dit que Wallace Chan vend ses créations uniquement aux clients qui lui plaisent. Ce mythe n’a jamais été démenti. Toutefois les propos suivant de Wallace Chan semblent le confirmer.

 

“Je ne choisis pas un projet pour l’argent”

“Chacune de mes œuvres viennent du cœur et de mes mains, je souffre pour chacune d’entre elles. Les acheteurs doivent comprendre que cela vient de mon cœur et qu’ils me prennent mon enfant”.

 

Ces propos sont faciles à comprendre. En effet, lorsque l’on travaille dur pour produire une œuvre d’exception, on n’a pas envie de la donner à n’importe qui. Quel que soit l’argent mis sur la table.

 

Un autre de phrases qui a contribué à ce mythe est:

 

“Si quelqu’un dit: “j’ai l’argent, je le veux” et qu’il ne comprend pas ce que je fais, je n’ai pas envie de lui donner”.

 

 

 

Apprendre à imposer son talent à ses pairs

François Curiel, directeur de la grande société de mise aux enchères Christie le définit comme: “un scientifique, un designer, un sculpteur et surtout comme un visionnaire”. Avec ses créations incroyables il a modifié l’avenir de la joaillerie à jamais.

 

 

Apprendre à vivre simplement

Malgré sa popularité, sa fortune (certaines de ses œuvres se sont vend à plus de 55 millions d’euros), Wallace vit très simplement. On dit de lui qui ne porte pas de bijoux, qu’il vit dans un quartier calme de Macau et qu’il boit beaucoup de thé chinois.

 

 

 

Apprendre à travailler pour l’immortalité

Wallace Chan veux laisser un héritage, il veut intégrer l’histoire de la joaillerie chinoise, et il le confirme de la façon suivante:

 

La joaillerie chinoise a 6000 ans d’histoire, je veux en faire partie”.

 

 

 

 

Apprendre à travailler dans le matériel comme dans l’immatériel

Wallace Chan, comme de nombreux experts, travaille la matière comme il travaille l’éther. il y a dans son travail une partie intouchable, impalpable, que l’on ressent lorsque l’on voit l’œuvre finie. Son travail relève du génie. Ce “je ne sais quoi” est de l’ordre de l’immatériel, voire du spirituel. Bien que ce soit un tailleur de pierre hors pair, Wallace Chan parle de ses œuvres d’une manière magique. En parlant d’une pierre exceptionnelle, un diamant extrêmement rare de 507 carats qu’on lui avait demandé de travailler, voici ce qu’il dit:

 

“Quand j’ai vu cette pierre, j’ai senti mon esprit quitter mon corps et revenir”. Cette rencontre avec la pierre a été un choc spirituel pour Wallace Chan.

 

“J’ai regardé cette pierre pendant 3 ans avant de la toucher”.

 

 

La question qui nous vient naturellement à l’esprit est: pourquoi a-t-il attendu trois ans pour toucher cette pierre? Avait-il peur de ne pas se sentir la hauteur ? Avait-il besoin de créer une relation particulière avec la pierre? Attendait-il le moment parfait pour commencer à travailler cette pierre? Nul ne le saura jamais. Toutefois, on sait que le travail sur cette pierre a demandé 47000 heures, en mobilisant toute l’équipe de Wallace Chan.

 

 

“Créer des bijoux est une expérience et un chemin pour comprendre la vie.”

 

 

Apprendre à ne faire qu’un avec son œuvre

Wallace Chan est tellement impliqué dans son travail qu’il finit par dire:

“je passe tellement de temps sur mes œuvres qu’elle deviennent moi”.

 

De même pour les pierres qu’il utilise. Il n’hésite pas à dire que:

 

“la pierre est moi et moi je suis la pierre.”

 

Ainsi on peut savoir à quel point il est investi dans son travail et à quel point il est dans le moment présent. Ce moment magique où plus rien n’existe. Cette zone où tout se fait naturellement sans aucun effort. Cette zone où on oublie le temps. Cette zone où l’on se perd dans son travail. Cette zone qui est la zone que l’expert recherche, elle est la zone où il puise dans son fort intérieur et crée des choses venues d’une autre réalité.

 

 

 

J’espère que l’exemple de Wallace Chan vous a inspiré, je vous laisse et je vous dis bon travail et bon courage.

 

 

 

 

Credit image: Vectors by vecteezy.com

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